Quels sont les objectifs des réformes Macron du bac pro ?
Par les choix qu’ils opèrent, E. Macron et ses gouvernements successifs méprisent ouvertement l’investissement au quotidien des personnels qui œuvrent à faire réussir leurs élèves. L’instauration, par la Transformation Blanquer, de dispositifs supposés pédagogiques vise à nous assommer de travail et à entamer la casse de notre statut. Aujourd’hui encore, la diminution des heures d’enseignement professionnel, l’imposition persistante de la co-intervention, la réalisation imposée d’un projet et les familles de métiers entraînent une déprofessionnalisation des formations. Les programmes des enseignements généraux ont été conçus pour répondre quasi uniquement aux pratiques professionnelles et faire accepter à nos élèves la vision libérale des politiques menées. Les savoirs ne peuvent être que survolés au regard du peu de temps dédié pour les enseigner. L’objectif d’une insertion professionnelle durable, sociale et citoyenne est purement et simplement sacrifié sur l’autel des besoins immédiats des entreprises qui préfèrent les compétences douces et les supposés fondamentaux.
C’est bien de la casse du service public de l’enseignement professionnel dont il s’agit ici. Avec le parcours différencié dit en « Y » sur les 6 dernières semaines de terminale, les élèves passent cette période soit en entreprise, pour un stage ni formateur ni certificatif mais considéré par l’institution comme un tremplin pour un premier job, soit au lycée pour préparer, entre autres, leur poursuite d’études. La rupture d’égalité des candidats face à l’examen (oral de projet fin juin) est une évidence, selon la branche du « Y » qui aura été choisie… Surtout, les élèves ont 170h de cours en moins, par rapport aux élèves avant 2025, pour se préparer aux épreuves ponctuelles terminales prévues fin mai.
À savoir
Le SNUEP-FSU revendique l’instauration d’un parcours en 4 ans pour accéder au bac pro, permettant un renforcement disciplinaire dans toutes les matières professionnelles et d’enseignement général. Considérant que les élèves doivent bénéficier du même temps de formation en classe, le SNUEP-FSU s’oppose à tout parcours créant des inégalités entre candidat·es au bac pro.
Nous savons que la voie professionnelle permet des parcours de réussite et notre devoir est de les favoriser, de permettre à tous les jeunes de réussir. Levons-nous ensemble contre cette réforme, pour revendiquer des formations solides et équilibrées, pour une reconnaissance de notre travail et une revalorisation de nos salaires. Refusons toute augmentation de charge de travail et l’imposition de dispositifs non définis par des textes réglementaires. Dénonçons toute pression hiérarchique et agissons collectivement, dans les établissements, les académies, nationalement pour que cette transformation de la voie professionnelle soit enfin abandonnée.
Le bac pro prépare à des métiers et à des poursuites d’études
